Ma rencontre avec Singh Intrachooto

Singh portefeuilleSingh2 Singh Intrachooto nous reçoit dans les faubourgs calmes de Bangkok, au cœur du campus de l’Université Kasetsart où il enseigne le design trois fois par semaine.
Dans son petit bureau du « Scrap Lab » (littéralement « laboratoire des déchets », l’espace dédié aux expérimentations de ses étudiants), il fait chaud, normalement chaud en cette après-midi d’automne. Vêtu de son éternelle chemise blanche dont il retrousse les manches et d’un pantalon anthracite, Singh – il souhaite qu’on l’appelle Singh, tout simplement – a l’air affairé. Son smartphone et son agenda sont à portée de main. Dans la pièce contiguë, sa jeune assistante, la discrète Kay, sirote un breuvage orange vif, le fameux « cha nom jen », un thé thaï glacé au lait concentré.

« Doctor Singh » comme le nomment les plus révérencieux (le doctorat en technologie et design du bâtiment qu’il a décroché en 2002 au MIT de Washington lui confère officiellement ce titre) est un homme occupé.

« Professeur la semaine, architecte le week-end, designer le soir. Sans oublier la consultation du site du New York Times au réveil avant mon petit jogging », précise-t-il en souriant.

Un sourire franc et délicat à la fois qui invite à l’échange. La discussion s’engage. Singh est un homme bavard, passionné plutôt. Intarissable quand il s’agit d’évoquer sa vie, son environnement – l’environnement en général – et bien sûr le design, qu’il considère comme un moyen pour rendre le monde meilleur, et non une finalité pour le rendre plus beau. Le design à visée humaniste.

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IL A PASSÉ PRÈS DE LA MOITIÉ DE SA VIE À L’ÉTRANGER
Ses mains s’agitent, soulignent son propos, dessinent dans l’air sa réflexion. Il parle avec les mains. Et plus il parle, moins il ressemble à un Thaïlandais. Moins il en épouse les codes habituels du langage. Ce quant à soi si caractéristique ainsi balayé d’un revers de mains.

Normal, ce natif de Bangkok a passé près de la moitié des quarante-cinq années de sa vie en dehors de son pays natal. Aux Etats-Unis, précisément à Washington, où il a débarqué à l’âge de quinze ans pour y étudier, en passant par le Canada, l’Allemagne et l’Angleterre, dans cette vieille Europe où il a éprouvé ses premières émotions grandeur nature au contact des « œuvres » modernistes des Scandinaves Alvar Aalto, Arne Jacobsen, Borge Mogensen, Verner Panton, etc. Ses modèles, ses inspirateurs tant au niveau du style que du message délivré : simplicité, fonctionnalité, utilisation de matériaux naturels, plaisir quotidien, relation forte à la nature. Les fondements d’Osisu sont là.
ShopMikadoEt les déchets dans tout ça me direz-vous ? Les fameux « scraps », ces débris, ces objets de récup’, ces rebus de la fabrication industrielle ? Pourquoi cet étendard « Think inside the trash » (« pense au fin fond dans la poubelle ») gentiment provocateur, cher à Singh qui, à ses heures perdues, préside le projet « Waste-to-Wealth Initiative » (« des déchets à la richesse ») on ne peut plus explicite. Pourquoi cet engagement ?

Vous le saurez lors d’un prochain post…

Sunisa, pour Osisubag

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